Voir les baleines depuis la rive

Les baleines ne remontent jamais jusqu'à Québec, mais autour de l'embouchure du Saguenay, à environ trois heures de route, quelques belvédères permettent de les observer depuis les rochers. Un belvédère coûte peu et personne n'y a le mal de mer, même si l'on y voit en général moins de choses que depuis un bateau. Ce guide présente chaque site et explique comment le combiner avec une croisière.

Pas depuis Québec

À Québec, le Saint-Laurent est large et beau, mais son eau y est encore douce ou à peine saumâtre, et les baleines restent dans l'estuaire salé, loin en aval. Ne comptez pas en apercevoir une depuis la promenade au pied de la vieille ville.

Les baleines se rassemblent autour de l'embouchure du Saguenay, là où le fond remonte brusquement au bout du profond chenal Laurentien et pousse vers la surface une eau froide riche en krill et en petits poissons. C'est à environ 210 km de la ville par la route 138. Par endroits, la rive y plonge à pic dans le fleuve, et par temps calme, vous pouvez observer depuis la terre ferme. Les baleines que vous verrez explique plus en détail l'alimentation et les espèces.

Pointe-Noire, face à l'embouchure du Saguenay

Le Centre d'interprétation et d'observation de Pointe-Noire, un site de Parcs Canada, occupe la pointe de Baie-Sainte-Catherine où le Saguenay se jette dans le Saint-Laurent. Il fait face à l'embouchure du fjord, où les bélugas viennent se nourrir, et les phoques sont des habitués du courant en contrebas. Il se trouve dans le même village que le quai d'AML à Baie-Sainte-Catherine, si bien que les automobilistes peuvent s'y arrêter avant ou après une croisière. Les bateaux passent devant la pointe en sortant, vous pourriez donc la voir des deux côtés dans la même journée.

Les bélugas sont la raison de venir. La population du Saint-Laurent vit dans l'estuaire toute l'année, ils peuvent donc se montrer n'importe quel jour, mais jamais sur commande. Cherchez des dos blancs qui roulent au ras de l'eau plutôt qu'un haut souffle, et attendez-vous à ce que les jeunes, gris, soient plus difficiles à repérer. Notre guide des bélugas raconte qui ils sont et pourquoi les bateaux restent à 400 m d'eux.

Cap-de-Bon-Désir, aux Bergeronnes

Le Centre d'interprétation et d'observation de Cap-de-Bon-Désir, de Parcs Canada, se trouve aux Bergeronnes, à une trentaine de minutes au nord-est de Tadoussac par la route. L'eau profonde arrive tout près de la rive, et des baleines passent parfois près des rochers. On vient ici dans l'espoir d'apercevoir l'une des grandes baleines plutôt qu'un béluga, sans garantie ni pour l'une ni pour l'autre.

L'entrée du site est payante, à un tarif fixé par Parcs Canada, et depuis Québec, il faut prendre le ferry gratuit qui traverse le Saguenay pour y arriver. Vérifiez les tarifs et les heures d'ouverture en vigueur auprès de Parcs Canada avant d'y aller, car nous ne les indiquons pas ici.

Tadoussac à pied

À Tadoussac même, le sentier de la Pointe de l'Islet longe la pointe rocheuse à côté de la baie et fait face à l'embouchure du Saguenay, vers Pointe-Noire. Bélugas et phoques sont les observations les plus probables, avec parfois une baleine plus au large. Les grands bateaux passent eux aussi devant cette pointe pendant leur parcours.

Hors du village, les dunes de Tadoussac offrent une vue étendue sur le Saint-Laurent depuis un haut terrain sablonneux. Tout ce qui nage là-bas n'est qu'une forme lointaine, et ce sont les jumelles qui font le travail. De retour au village, le Centre d'interprétation des mammifères marins, un petit musée, expose des squelettes de baleines et constitue un bon choix pour un après-midi pluvieux.

Le long dos sombre et la petite nageoire dorsale d'un rorqual commun qui fait surface sur une mer calme

Ce qu'il vous faut à terre

  • Des jumelles. Depuis la rive, la plupart des observations se font à une centaine de mètres ou davantage, souvent bien plus loin. Apportez votre propre paire ;
  • Une journée calme. Le vent hache la surface de moutons qui cachent le dos d'un béluga, alors qu'une eau plate révèle chaque souffle ;
  • De la patience. Prévoyez une heure au belvédère plutôt que dix minutes. Une baleine qui plonge peut rester sous l'eau plusieurs minutes avant de refaire surface ailleurs ;
  • Une voiture. Les belvédères s'égrènent le long de la route 138, des deux côtés du ferry, et la journée en autocar au départ de Québec ne voit Pointe-Noire que depuis l'eau ;
  • Des couches chaudes. L'eau reste autour de 2 à 10 °C tout l'été, et le vent qui en vient refroidit les rochers. Que porter sur le fleuve vaut aussi pour la rive.

La rive ou le bateau ?

Un belvédère coûte peu, et vous gardez les pieds sur la terre ferme et votre propre horaire. Personne n'a le mal de mer sur un rocher, ce qui règle la question pour certains voyageurs. Si c'est votre cas, le mal de mer sur le Saint-Laurent vous dit si un bateau pourrait malgré tout vous convenir.

Ce que vous perdez, c'est la portée. Depuis la rive, vous voyez ce qui passe devant votre bout de côte, en général plus loin, et souvent seulement des bélugas et des phoques. Un bateau va là où les rorquals communs et les petits rorquals se nourrissent ce jour-là, au large dans le chenal, et lors d'une sortie type, les voyageurs comptent deux à quatre espèces. Les bateaux d'excursion doivent rester à 400 m des bélugas et des rorquals bleus, si bien qu'il arrive qu'un béluga qui longe les rochers de Pointe-Noire passe plus près de vous que de n'importe quel bateau.

Le bateau qui couvre le reste du fleuve

Le bateau de trois heures d'AML part de Baie-Sainte-Catherine et de Tadoussac, les mêmes villages que les belvédères, avec des salles intérieures vitrées et des toilettes à bord, à partir de ~116 €. Annulation gratuite jusqu'à 24 heures avant.

Une journée avec les deux

Les deux se combinent bien. Le Zodiac d'AML, à partir de ~116 €, propose une sortie matinale de 8 h à 10 h qui laisse tout l'après-midi libre, et le grand bateau, à partir de ~116 €, convient à ceux qui préfèrent un pont plus stable. Passez la matinée sur l'eau, puis emportez votre repas et vos jumelles jusqu'à un belvédère. La journée en autocar au départ de Québec ne le permet pas, puisque l'autocar repart peu après la croisière ; c'est donc dans autocar ou voiture ? qu'il faut peser l'option de la voiture.

Le brouillard change le programme. Un matin de brouillard cache le fleuve au bateau comme au belvédère, et les bateaux sortent quand même. Quand le brouillard stagne tôt et se lève plus tard, un après-midi sur les rochers peut sauver la journée. Les meilleurs mois pour les baleines indique quand le brouillard est le plus fréquent.

Pas une sortie aux baleines : la croisière sur le fleuve à Québec

Les visiteurs qui n'ont qu'une journée à Québec cherchent parfois un moyen moins cher d'aller sur l'eau. La croisière touristique d'AML sur le fleuve à Québec, à partir de ~41 €, passe 1 h 30 sur le Saint-Laurent au pied du Vieux-Québec. Son défaut est simple. Elle ne voit aucune baleine, car le fleuve se trouve là bien en amont de leur territoire, et elle se présente comme une croisière panoramique pour la vue sur la ville. Pour les voyageurs qui n'ont qu'une journée, les baleines pendant une escale détaille ce que permet un court séjour.

Depuis les rochers

Les questions des observateurs à terre

Peut-on observer les baleines depuis la terre à Québec ?

Nulle part. Les baleines les plus proches se rassemblent à l'embouchure du Saguenay, à environ trois heures de route en aval, avec des belvédères autour de Tadoussac et de Baie-Sainte-Catherine.

Où voir des bélugas depuis la terre ?

Le belvédère de Pointe-Noire, à Baie-Sainte-Catherine, fait face à l'embouchure du Saguenay, où les bélugas viennent se nourrir. Le sentier de la Pointe de l'Islet, à Tadoussac, domine les mêmes eaux depuis l'autre rive. Les observations ne sont jamais certaines.

Les belvédères sont-ils payants ?

L'entrée à Cap-de-Bon-Désir est payante, à un tarif fixé par Parcs Canada. Demandez à Parcs Canada le prix et les horaires en vigueur, car ils changent et nous ne les indiquons pas.

Observer depuis la rive vaut-il une sortie en bateau ?

C'est moins cher et sans mal de mer, mais vous voyez en général moins d'espèces, et de plus loin. Beaucoup de visiteurs font les deux, une croisière le matin et un belvédère l'après-midi.

Que faut-il apporter à un belvédère ?

Des jumelles d'abord, puis une veste chaude contre le vent qui vient de l'eau. Prévoyez une heure plutôt que dix minutes, et choisissez une journée calme, car les moutons cachent les dos et les souffles.